société

Avec Green Barbès, elles militent pour une cosmétique plus verte et transparente

DR


La petite marque fondée en 2015 est devenue grande. Pour appuyer son développement, Green Barbès a lancé une campagne de crowdfunding afin de conserver sa transparence ultime. Retour sur une évolution cosmétique.

À l’heure où les questions écologiques et l’urgence climatique commencent à prendre de l’ampleur dans nos sociétés, il n’a jamais été aussi important de connaître la source des produits que l’on mange, et de ceux que l’on s’applique sur la peau. C’est dans cette optique que la marque Green Barbès est née en 2015, pour envisager la cosmétique d’une manière plus saine et responsable. Fondée par Clémentine Buren et Hélène Segol, collègues pendant dix ans avant de devenir associées, la marque doit son nom au quartier de résidence des deux jeunes femmes et offre “des soins naturels pour le visage, concentrés en antioxydants, à destination des peaux urbaines”, c’est-à-dire les épidermes régulièrement sujets à la pollution des voitures et du métro propre aux grandes villes. La volonté de Green Barbès est d’“apporter un peu de nature dans la ville grâce à [leurs] actifs botaniques et penser la cosmétique autrement”, expliquent-elles. Elles désirent également faire de leur marque “un outil de connaissance”, qui donne envie aux gens de fabriquer eux-mêmes leurs produits. Green Barbès s’est en effet fait connaître à travers ses ateliers DIY (Do It Yourself), où une dizaine de participant·e·s viennent fabriquer leurs propres produits de beauté, en apprenant à manier les textures, les huiles essentielles et à connaître les vertus de ces dernières. Aujourd’hui, elles vendent des kits de leurs créations, mais aussi des crèmes prêtes à l’emploi, et ont lancé une campagne KissKissBankBank pour rester dans une démarche de “transparence ultime”, où 100% des produits utilisés sont naturels.

 

Le DIY, futur de la cosméto responsable

L’impact du plastique sur l’environnement n’est plus à démontrer, mais s’il y a bien une industrie qui en utilise énormément, c’est celle de la cosmétique, où plus de 75 000 tonnes d’emballages de produits sont jetés chaque année en France. De nombreuses marques commencent à s’engager sur ce terrain, avec pour objectif de ne proposer que des contenants en matériau recyclé ou recyclable -Chanel a d’ailleurs investi dans les startups Evolved by Nature, qui conçoit des produits à base de biomatériaux et Sulapac, qui développe des packaging 100% biodégradables. Les chiffres parlent pour eux-mêmes: 49% des utilisateur·rice·s de produits cosmétiques déclaraient en 2018 trier leur emballage de produits cosmétiques (baromètre L’Oréal FranceHarris Interactive 2018). Une démarche qui s’inscrit dans celle proposée par Green Barbès. Très clairement, nous pensons que la fabrication de ses propres produits fait partie des solutions pour une cosmétique plus green. Nous fonctionnons selon le triptyque ‘reduce, re-use, recycle’. Réduire, en ne produisant que le nécessaire; ré-utiliser, grâce aux recettes DIY, que nous fournissons sur les réseaux sociaux; et recycler pour tous nos contenants en verre pour permettre leur recyclage. Et dans un futur que nous espérons proche, nous voulons développer le ‘refill’ (Ndlr: “la recharge”), avancent les deux collaboratrices.

Nous voulons incarner un vrai lieu, pas une carte postale parisienne, pour démystifier cette industrie de la beauté qui adore faire croire à la magie.

Pour les personnes frileuses à l’idée de fabriquer leurs produits elles-mêmes, elles se veulent rassurantes.“Nous avons cherché à lever tous les freins habituels du DIY: trop compliqué, trop long à fabriquer, résultat pas génial, pour ne garder que le meilleur. Nos produits sont pré-dosés, le résultat final est garanti et testé en laboratoire. Et enfin, nos matières premières sont sophistiquées et exclusives à la marque.” Des ingrédients comme de la peau d’orange, du Bakuchiol -une alternative végétale au fameux rétinol très utilisé chez les grandes marques de cosmétiques- ou encore des cellules fraîches de Narcisse des poètes. Le tout en collaboration avec des docteur·e·s en pharmacie pour garantir une efficacité dermatologique.

 

Green Barbes science

DR

Barbès 2.0

En plus d’être verte, Green Barbès se veut aussi une marque connectée. Elle a une forte présence en ligne et notamment sur Instagram, où défilent en photo des modèles pluriels, et les utilisateur·trice·s satisfait·e·s de leurs produits. C’est important pour elles que tout le monde puisse s’identifier: “Nous voulons incarner un vrai lieu, pas une carte postale parisienne, pour démystifier cette industrie de la beauté qui adore faire croire à la magie. A contrario, nous pensons que les voies de la cosmétique ne sont pas impénétrables.” Pour ce faire, elles revendiquent des produits adaptés à tous et toutes, hommes ou femmes, mais aussi “aux femmes enceintes, aux peaux sensibles et matures” et à différents types de peau. “Nos produits agissent sur la déshydratation, les irritations, les imperfections, les tâches et les cicatrices des peaux matures ou foncées.” Si l’on en croit les chiffres, la cosmétique naturelle tend à progresser chaque année, mettant de côté les marques qui font du greenwashing ou utilisent des ingrédients trop toxiques pour la peau. Pour Clémentine Buren et Hélène Segol, il faut que tout le monde reprenne “le contrôle de ce qu’il applique sur sa peau en totale transparence”. Le B-A ba. 

Jennifer Padjemi


NE MANQUEZ JAMAIS UN ARTICLE