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Alyssa Carson, la jeune fille qui voulait aller sur Mars 

© Bert Carson


L’Américaine Alyssa Carson rêve d’aller sur Mars depuis toujours, et travaille d’arrache-pied pour y parvenir. Rencontre avec une apprentie astronaute passionnée. 

Et si la vie sur Mars passait du monde de la fiction à celui du réel? C’est ce qu’espère Alyssa Carson, et l’Américaine de 19 ans compte bien être de la partie. Passionnée par l’espace depuis la petite enfance, cette native de Louisiane travaille depuis toujours pour réaliser son objectif de partir dans les étoiles et surtout de mettre un pied sur Mars. Surnommée “Blueberry” (Ndlr: myrtille) à cause de sa combinaison trop grande et trop bleue, Alyssa Carson est aujourd’hui la première personne à avoir accompli les trois “Space Camps”, stages de la NASA, pour apprenti·e·s astronautes. Depuis 2016, elle est également la plus jeune admise au projet citoyen Possum, lui délivrant le grade d’apprentie astronaute. 

Oratrice reconnue, elle a participé à de nombreuses conférences, dont plusieurs Ted Talks, pour partager sa passion et encourager les jeunes, et notamment les jeunes filles à poursuivre et communiquer sur leurs rêves. Elle est également apparue dans le documentaire Netflix de Michael Barnett, The Mars Generation, aux côtés d’Abigail Harrison. 

 

 

Avec ses acolytes des Nasa Camps pour jeunes geeks passionné·e·s, elle se prépare à une carrière dans l’aérospatial, tout en s’intéressant à l’astrobiologie, la politique spatiale américaine et la place des femmes dans ce monde. Rencontre avec une future Martienne, pleine d’ambition et d’énergie. 

 

Comment as-tu organisé ta vie (et ta carrière) à partir de ton rêve? 

Je travaille mon projet depuis l’enfance. Maintenant, je suis en école en Floride, j’étudie l’astrobiologie à Florida Tech. C’est nécessaire de faire d’abord carrière pour ensuite devenir astronaute. J’ai préféré cette discipline-là, pour faire de la recherche scientifique, et j’aimerais poursuivre avec un master dans cette voie. C’est un vaste sujet, qui va de l’étude des bactéries en passant par des planètes entières. Bien sûr, à côté, je continue de voler, j’ai déjà ma licence d’avion privé mais j’aimerais passer à l’étape suivante pour piloter d’autres engins. La carrière militaire est une voie populaire pour devenir astronaute, j’y ai pensé plus jeune, mais ça ne convient pas vraiment à ma personnalité. J’adore piloter mais je préfère le côté scientifique, et les missions spatiales ont toujours besoin de scientifiques. 

Comment évolue-t-on en tant que fille puis femme dans ce milieu? 

J’ai commencé les Space Camps très jeune, avec surtout des garçons, car l’entraînement y est quasiment militaire. Mais j’ai pu y rencontrer quand même quelques filles et c’était super de traîner avec elles. Le projet Possum, qui est un projet citoyen, compte énormément de filles et de femmes investies dans l’espace. Pour l’instant, je reste proche de ce groupe. On trouve aussi d’autres femmes dans l’industrie et l’on voit de plus en plus de femmes astronautes. Même si, à la NASA notamment, on trouve encore des département avec aucune ou une seule femme. Mais je compte bien inspirer les jeunes filles à faire pareil, pour qu’elles prennent le relais. 

“On prévoit déjà un retour sur la Lune pour les années 2020, puis 2030 direction Mars.”

Qu’en est-il de cet objectif d’aller sur Mars? Est-ce vraiment faisable?

L’administrateur·rice de la NASA est désigné·e par le président. Ce qui peut être problématique lors des changements d’administration. Sous le président Obama nous avions le programme Constellation, et c’est maintenant le programme Artemis, (Ndlr: dont l’objectif est de retourner sur la Lune d’ici 2024), qui avance plutôt bien. Mais tout cela est cher, prend du temps et dépend donc de la politique. Comme Artemis avance bien, on prévoit déjà un retour sur la Lune pour les années 2020, puis 2030 direction Mars. C’est assez solide et cet objectif permet de garder l’intérêt du public. On s’en approche et les gens ont d’autant plus envie d’y aller maintenant que Matt Damon y a été. (Rires).  

Quel conseil donnerais-tu aux jeunes femmes de ta génération pour les encourager? 

Si ça vous intéresse, allez à la bibliothèque, et continuez de vous intéresser. Ne soyez pas timides, osez en parler autour de vous. Soyez toujours dans le partage par rapport à vos rêves. Et si vous n’êtes pas scientifiques mais que l’espace vous intéresse, il y a d’autres carrières possibles comme dans la psychologie, par exemple, qui est essentielle pour le bien-être des astronautes. Tout est connecté. La carrière scientifique ou celle d’astronaute est quelque chose de faisable. Quand j’en parlais au début, pour Mars par exemple, ça semblait inaccessible. Mais ça devient petit à petit la réalité.

Quels sont tes films préférés pour rêver d’espace?  

Oh, c’est dur de choisir. Je dirais Seul sur Mars avec Matt Damon. Ou Apollo 13 et Premier Contact aussi, même si c’est plus de la science-fiction, mais c’est vraiment super! 

Propos recueillis par Caroline Ernesty, à Washington DC


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