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La créatrice du compte “Bordel de Mères” au bord du burn-out militant


Ce week-end, l’autrice Fiona Schmidt qui a créé le compte Instagram Bordel de Mères -également collaboratrice de Cheek Magazine– a publié un long post sur son propre compte Insta pour expliquer pourquoi elle avait besoin de prendre du recul par rapport aux réseaux sociaux, une démarche désormais courante chez les militantes féministes, particulièrement exposées sur ces plate-formes.

Je revendique le droit à la progression, à l’imperfection, aux tâtonnements, aux contradictions, aux nuances, au recul, à l’ignorance et même, à l’indifférence. Je n’ai pas d’avis sur tout, tout le temps. Parfois je préfère boire un coup que changer le monde. Je n’ai pas envie d’attraper un ulcère au cerveau parce que des centaines de gens se sont désabonnés de mon compte à cause de ceci ou de cela : ma valeur n’est pas indexée sur le nombre de mes abonné.e.s. J’existe en dehors des réseaux sociaux, et même lorsque mon existence n’est utile à personne, elle est légitime, et elle est précieuse. Prenez soin de vous, babes. Faites le vide. Dans une société qui vous contraint à avoir une opinion tranchée sur tout, tout le temps, ne penser à rien, c’est politique.”

 

 
 
 
 
 
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Je suis féministe mais le féminisme ne suffit pas à me définir. Je suis féministe mais parfois j’aimerais penser à autre chose et parler d’autre chose et aussi qu’on me parle d’autre chose. Je suis féministe mais je suis épuisée par le devoir d’exemplarité livré avec l’étiquette comme un vélo est vendu avec des pédales. Je ne suis pas un exemple, je ne l’ai jamais été, je ne veux surtout pas l’être. Je fais ce que je peux, autant que je peux, du mieux que je peux, et il m’arrive de faire mal, trop, ou pas assez. Avant d’être féministe, je suis humaine. Je suis une spécialiste de la boulette, j’en fais des sublimes, je suis un peu l’Anne-Sophie Pic de la gaffe. J’apprends autant de mes erreurs que de mes lectures et des conversations avec des gens qui savent mieux que moi mais ne m’en tiennent pas rigueur. Je n’ai jamais appris quoi que ce soit avec quelqu’un qui me parlait comme si j’étais la cause de ses hémorroïdes. Je revendique le droit à la progression, à l’imperfection, aux tâtonnements, aux contradictions, aux nuances, au recul, à l’ignorance et même, à l’indifférence. Je n’ai pas d’avis sur tout, tout le temps. Parfois je préfère boire un coup que changer le monde. Je n’ai pas envie d’attraper un ulcère au cerveau parce que des centaines de gens se sont désabonnés de mon compte à cause de ceci ou de cela : ma valeur n’est pas indexée sur le nombre de mes abonné.e.s. J’existe en dehors des réseaux sociaux, et même lorsque mon existence n’est utile à personne, elle est légitime, et elle est précieuse. Prenez soin de vous, babes. Faites le vide. Dans une société qui vous contraint à avoir une opinion tranchée sur tout, tout le temps, ne penser à rien, c’est politique.

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