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Les séries Cheek qui vont sauver notre automne 2020

"Possessions" © Vered Adir - Haut et Court TV / Quiddity / Canal+


Passage à l’heure d’hiver, couvre-feu, baisse des températures… voilà une poignée de séries à regarder sous la couette ces prochaines semaines. 

L’épidémie de Covid-19 a perturbé de nombreux tournages et a forcé certaines chaînes et services de streaming à bouleverser leurs calendriers de diffusion. Restent quand même quelques nouveautés à se mettre sous la dent, que vous aimiez les mélos en orbite ou les questionnements existentiels sous le soleil italien. Notre sélection Cheek. 

 

Away

Le pitch: Emma Logan est une brillante astronaute américaine qui est choisie pour mener la première expédition sur Mars. Juste avant de partir, son mari a un grave problème de santé qui la pousse à faire un choix difficile… 

Pourquoi on la regarde: Away est un mélo qui souffre de plusieurs défauts, et notamment d’un patriotisme un peu trop exacerbé. Mais il explore, par le biais du personnage d’Emma Logan (la formidable Hilary Swank), la difficulté d’être une femme à la tête d’une mission historique. L’héroïne, malgré sa confiance en elle sans faille, doit subir la méfiance des hommes de son entourage et doit composer avec la difficulté de mettre son rôle de mère sur pause en laissant sa fille sur terre. La série explore la mission spatiale par l’intime, en montrant les failles et les limites de chacun de ses personnages. 

Disponible sur Netflix

 

We are who we are

Le pitch: Deux ados, Fraser Wilson et Caitlin Harper se rencontrent sur une base militaire en Italie. Ils deviennent très rapidement inséparables et partagent leurs questionnements autour de leur genre, de leurs amours et de leur relation à leurs parents.

Pourquoi on la regarde: Le réalisateur de Call Me By Your Name, Luca Guadagnino, pose une nouvelle fois sa caméra en Italie pour ce récit initiatique qui, comme son nom l’indique, laisse ses personnages être exactement qui ils et elles sont. En évitant de surexpliquer leurs états d’âme et leurs personnalités, il signe une œuvre pleine de fluidité qui capte les fluctuations adolescentes avec beaucoup de douceur et d’empathie. Il rend aussi hommage à une génération qui cherche à s’émanciper des carcans du genre et d’une obsession sociétale pour la sexualité. Au milieu des codes très masculins de la base militaire, cette quête collective d’identité est particulièrement réjouissante.

Diffusée par HBO

 

M’entends-tu?

Le pitch: Cette série québécoise suit trois amies d’enfance qui vivent dans un quartier défavorisé de Montréal. 

Pourquoi on la regarde: Par le biais de l’amitié entre ces jeunes femmes, M’entends-tu traite de sujets aussi différent que les violences, les addictions, les troubles du comportement alimentaire, la précarité… La série tient grâce à l’équilibre qu’elle atteint entre l’humour et le drame. Les dialogues sont ciselés, les répliques fusent et les trois interprètes sont formidables de drôlerie et de finesse. En errant dans les rues de Montréal, elles montrent la force et les limites de l’amitié, tout en faisant exploser en éclat ce que l’on attend d’elles. Leurs personnages ne sont pas forcément aimables, mais leur présence à l’écran fait vraiment du bien. Même si les sujets abordés sont particulièrement difficiles.

Disponible sur Netflix

 

Possessions

Le pitch: Cette série franco-israélienne raconte l’histoire de Natalie, une jeune Française installée avec sa famille en Israël dont le mari est brutalement assassiné le soir de ses noces. Un diplomate français va mener l’enquête jusqu’à l’obsession et fouiller dans le passé de la jeune femme pour trouver des réponses à ses nombreuses questions.

Pourquoi on la regarde: Parce que Possessions est porté par un remarquable casting d’actrices qui creusent leurs personnages en profondeur: de la jeune Nadia Tereszkiewicz qui joue l’héroïne très ambiguë de la série à Aloïse Sauvage et Judith Chemla, ses sœurs, en passant par Ariane Ascaride et Dominique Valadié, remarquables dans le rôle des gardiennes de la tradition. Un thriller noir et mystérieux qui questionne la figure de la femme fatale, les inquiétudes qui continuent de peser sur les femmes et la propension des hommes à s’imaginer en sauveurs.

Diffusée à partir du 2 novembre sur Canal+ et sur myCanal

 

18h30

Le pitch: Cette websérie d’Arte créé par Sylvain Gouverneur et Maxime Chamoux suit deux collègues de bureau qui prennent leur bus au même arrêt. Ils se retrouvent, chaque soir et bien malgré eux, à marcher ensemble.

Pourquoi on la regarde: Parce que cette petite série courte (chaque épisode dure environ cinq minutes) fait preuve d’un sens du timing irrésistible. Le couple, interprété par Pauline Etienne et Nicolas Grandhomme, réussit à créer des situations aussi drôles qu’émouvantes. On y parle de harcèlement sexuel, des attentats du 13 novembre, de gentrification, de séparation, de couple, du malaise des premières rencontres et de littérature avec une précision rare. La seule difficulté de la série, c’est de quitter ce duo après 22 épisodes. Assurément l’une des plus belles réussites de la rentrée.

Disponible sur Arte

 

The Undoing

Le pitch: Grace Sacks a, en apparence, une vie parfaitement rangée, elle vit dans une très belle maison à Manhattan, son fils va dans une prestigieuse école privée, son mari Jonathan est un onco-pédiatre reconnu. Du jour au lendemain, une femme qu’elle vient de rencontrer est sauvagement assassinée. Elle découvre que Jonathan est accusé du crime.

Pourquoi on la regarde: On regarde cette adaptation du roman de Jean Hanff Korelitz Les premières impressions pour le duo star formé par Nicole Kidman et Hugh Grant. Ils se glissent dans la peau de ce couple bourgeois qui cache une multitude de secrets pour un polar à l’ancienne. On peut déplorer que la réflexion sur les privilèges, que Nicole Kidman avait incarnée dans la série Big Little Lies, ne soit pas menée plus en profondeur au long des six épisodes de la mini-série. Mais le suspense des six épisodes, réalisés par Susanne Bier, devrait vous tenir en haleine.

Disponible sur OCS

 

Emily in Paris

Le pitch: Dans sa nouvelle série, le showrunner de Sex and the City Darren Star suit les aventures d’une Américaine à Paris qui découvre les croissants et le monde impitoyable des boîtes de com’ à la française. 

Pourquoi on la regarde: Parce qu’on ne va pas se mentir, l’automne est difficile et qu’on a bien besoin d’un petit plaisir, aussi coupable soit-il, pour faire passer la pilule. Oui, le Paris d’Emily est riche, blanc et ne ressemble en rien à la ville que l’on connaît. Il est presque aussi crédible que l’appartement et les chaussures que Carrie pouvait se payer dans Sex and the City en étant pigiste. Mais on binge quand même les aventures amoureuses d’Emily comme on regarderait un bon téléfilm de Noël. Et certains aspects de la série sont plutôt très réalistes: le sexisme de ses patrons et de quelques-uns de ses flirts, et la cruauté de la boîte de communication dans laquelle elle travaille. Pour le reste on s’amuse de la voir acheter des croissants et boire du champagne dans un Paris de carte postale. À binger sous la couette.

Disponible sur Netflix

Pauline Le Gall


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