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7 séries Cheek à regarder cet été

“I may detsroy you”, DR


Nous avons sélectionné sept séries engagées à ne pas manquer cet été.

Après la longue période de confinement, les vacances s’organisent petit à petit. Que vous puissiez partir ou non, nous vous aidons à faire le plein de séries engagées ou légères à binger chez vous ou à regarder au bord de la piscine. De la romcom, des histoires d’amitiés adolescentes, du true crime, une série historique décalée, un récit d’une force rare sur le viol et le stress post-traumatique, des formats courts pour revivre son adolescence le temps d’un été… De quoi s’occuper pendant deux mois.

 

I May Destroy You

Le pitch: Arabella est une jeune autrice qui a fait un carton avec son premier roman. Un soir, alors qu’elle peine à travailler sur sa seconde publication, elle décide de sortir avec des amis. Elle se réveille le lendemain, incapable de se souvenir de la fin de sa soirée. Un flashback récurrent lui permet de se rendre compte qu’elle a été violée. Aidée de ses deux meilleur·e·s ami·e·s, elle porte plainte.

Pourquoi on la regarde: Cinq ans après l’hilarante Chewing gum, on retrouve Michaela Coel dans cette série brillamment écrite qui explore avec beaucoup de précision le traumatisme que son héroïne vit après avoir été violée. La réalisation nous immerge pleinement dans l’expérience d’Arabella et fait de nous un·e spectateur·trice actif·ve, encouragé·e à réfléchir aux agressions, aux zones grises et à la violence imposée par les hommes. Michaela Coel mêle à cette expérience d’agression sexuelle une réflexion sur la place des femmes noires et de leurs corps dans la société britannique. Elle mène de front une multitude de thématiques passionnantes: le milieu très blanc de l’édition, les enjeux multiples de la représentation, le consentement, la précarité, l’hypocrisie des start-ups… Tout en racontant avec une grande mélancolie le quotidien d’une millennial en pleine crise artistique. Une œuvre plurielle et majeure à découvrir absolument.

Disponible en US+24 sur OCS

 

PEN15

Le pitch: La série suit l’amitié entre deux adolescentes, Maya et Anna, au début des années 2000. Les showrunneuses Maya Erskine et Anna Konkle, toutes les deux trentenaires, y interprètent des ado de 13 ans. 

Pourquoi on la regarde: Si vous en avez marre que l’on vous ressorte sans cesse des bromance et des amitiés viriles à base de jeunes garçons qui dessinent des pénis partout, alors PEN15 est pour vous. Cette série explore l’adolescence du côté des filles avec un ton potache habituellement réservé aux garçons. Enfin nous avons le droit à une représentation décalée et drôle de cette période pleine de malaise et de questionnements. Maya Erskine et Anna Konkle réussissent à traiter dans un même temps de la découverte de la masturbation, du racisme dont Maya est victime, de l’angoisse de ne pas avancer au même rythme au sein d’une amitié fusionnelle, de transmission et du bon vieux temps des chatrooms sur AOL sur le modem familial. Un vrai récit d’initiation tendre et hilarant dans lequel toutes les adolescentes pas très populaires du début des années 2000 se reconnaîtront forcément.

Diffusée à partir du 19 juin sur Canal+ et Canal+ Séries et en intégralité sur myCanal

 

Little Fires Everywhere

Le pitch: Mia Warren et sa fille Pearl déménagent régulièrement au gré de l’inspiration de Mia, artiste et photographe. Un jour, elles décident de s’installer dans une banlieue aisée de Cleveland. Là-bas, leur vie va se retrouver mêlée à celle des Richardson, une famille riche menée par Elena. Cette femme sûre d’elle et soucieuse de toujours paraître parfaite va entamer une relation complexe avec Mia.

Pourquoi on la regarde: Préparez-vous à binger cette adaptation en série du roman de Celeste Ng La Saison des feux. Tout au long des huit épisodes de la mini-série, la tension monte entre ces deux familles que tout oppose. Après son rôle dans Big Little Lies, Reese Witherspoon campe une nouvelle fois une mère aveuglée par son privilège blanc. Son personnage et son rapport avec Mia Warren (parfaitement interprétée par Kerry Washington) questionnent la figure de la mère parfaite et déboulonnent le mythe du rêve américain. À travers les relations qui se nouent et se dénouent entre les enfants des deux familles, Little Fires Everywhere traite aussi avec beaucoup de subtilité du racisme et des rapports entre les différentes classes sociales aux États-Unis. Une série aussi dérangeante que passionnante.

Disponible sur Amazon Prime

 

The Great

Le pitch: Écrite par Tony McNamara, le co-scénariste de La Favorite (Yórgos Lánthimos, 2018), The Great retrace l’histoire de Catherine II de Russie à partir de son arrivée dans le pays et de son mariage à Pierre III.  

Pourquoi on la regarde: The Great prend de nombreuses libertés avec la réalité historique de la période et c’est tant mieux. Tony McNamara se sert de la figure de Catherine II de Russie, superbement interprétée par Elle Fanning, pour dresser le portrait irrévérencieux d’une femme éduquée, ambitieuse et en avance sur son temps. Il écorche au passage presque tous les personnages masculins et en premier lieu le tsar Pierre III, dont la violence, la masculinité toxique et la bêtise sont le lieu de nombreuses blagues hilarantes. Catherine II s’émancipe en déboulonnant une à une les forces patriarcales à l’œuvre dans la société russe. Le tout avec un humour décalé et anachronique qui ne sonne jamais faux. Une preuve que les séries historiques sont loin d’être obsolètes.

Disponible sur Starzplay

 

Love Life

Le pitch: La série suit les aventures amoureuses de Darby Carter (Anna Kendrick). Chaque épisode s’intéresse à l’une de ses relations sentimentales.

Pourquoi on la regarde: Parce qu’une bonne romcom est toujours la bienvenue pour passer l’été! Comme il est de bon ton de le faire ces dernières années, Love Life déboulonne les grands clichés des comédies romantiques en montrant les échecs comme les réussites amoureuses de son héroïne. Les relations sont plus ou moins longues et se heurtent à des problématiques qui permettent de dresser le portrait de Darby. C’est là que Love Life trouve tout son intérêt: dans la prestation d’Anna Kendrick, particulièrement touchante dans le rôle d’une jeune femme qui veut travailler dans l’art et qui cherche sa place, autant dans sa vie professionnelle que dans ses amitiés. Elle n’est jamais définie uniquement par ses relations amoureuses et la série explore son cheminement affectif dans tout ce qu’il a de pluriel et de complexe.

Disponible sur OCS à partir du 9 juillet

 

The Act

Le pitch: Cette mini-série diffusée l’année dernière sur Hulu et cette année sur Canal+ s’inspire du meurtre de Dee Dee Blanchard qui a secoué l’Amérique en 2015. La série revient sur la manière dont cette mère atteinte du Syndrome de Münchhausen par procuration a fait croire à son voisinage que sa fille Gipsy Rose était atteinte de nombreuses maladies graves.

Pourquoi on la regarde: Parce qu’à travers cette histoire particulièrement sinistre, The Act décrit les mécanismes d’une relation toxique entre une fille et sa mère qui ne veut pas la voir grandir ou s’émanciper. Dee Dee (incarnée avec beaucoup de force par Patricia Arquette) encourage les passions enfantines de Gipsy Rose (Joey King) et l’empêche de vivre une adolescence normale. Une série douloureuse à regarder, d’autant que l’on en connaît la fin, mais qui analyse avec acuité les dynamiques de domination.

Diffusée sur Polar+à partir du 29 juin tous les lundis en deuxième partie de soirée

 

Never Have I Ever

Le pitch: Devi Vishwakumar est une jeune adolescente qui sort tout juste d’une période traumatisante de sa vie: après la mort brutale de son père, elle a perdu l’usage de ses jambes pendant trois mois. À la rentrée des classes, elle décide de se réinventer et de coucher avec le garçon le plus populaire du lycée.

Pourquoi on la regarde: Mindy Kaling (actrice et scénariste sur la série The Office) s’essaie à la série pour ado avec cette première tentative rafraîchissante sur une nerd qui tente de faire son deuil et dont la vie est narrée par le tennisman John McEnroe. Elle explore le rapport de son héroïne à la culture hindoue, les relations mères-filles, les amitiés aussi fortes que compliquées, les différentes manières de faire son coming out et le poids des injonctions au lycée. Le scénario est cousu de fil blanc et la série n’évite pas quelques faux-pas (notamment les blagues grossophobes), mais son humour décalé et son trio d’actrices solaires en font un parfait divertissement pour commencer l’été. 

Disponible sur Netflix

Pauline Le Gall


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