culture

Cinéma

5 films Cheek à aller voir pour la réouverture des cinémas

“Filles de joie” © Versus production - Les Films du Poisson


De la comédie américaine au documentaire, voici 5 films à voir pour célébrer la réouverture post-Covid-19 des cinémas en France.

Avec la réouverture des salles de cinéma en France depuis le 22 juin, c’est toute une panoplie de choix qui s’offrent à vous. Que vous ayez envie de vous détendre, rêver, vous cultiver ou vous sensibiliser, vous allez forcément trouver votre bonheur dans cette sélection de 5 films à voir dès le début de l’été.

 

Le plus révoltant: Be natural, l’histoire cachée d’Alice Guy-Blaché 

Le pitch: son nom ne vous dit peut-être rien mais Alice Guy-Blaché est une pionnière du cinéma. Elle a écrit, réalisé, produit et monté une centaine de films, d’abord pour le compte de Gaumont puis via sa propre société, Solax, basée aux États-Unis. Raconté par Jodie Foster, ce documentaire retrace le parcours de cette femme incroyable qui a fait sa place dans un monde où tout était à créer: le cinéma de fiction. Avec cette question en toile de fond: pourquoi Alice Guy-Blaché a-t-elle disparu des mémoires et de l’histoire collective du cinéma?

Pourquoi on le regarde: mené comme une enquête, Be natural nous emporte sur les traces d’Alice Guy-Blaché de Paris à Hollywood, en passant par New York. À travers son portrait mais aussi des extraits de ses oeuvres retrouvées, des témoignages de sa fille, Simone Blaché, et des analyses d’expert·e·s et de personnalités du cinéma international, c’est toute une histoire que l’on revisite entre admiration, colère, surprise et espoir. Car si le travail et l’implication d’Alice Guy-Blaché ont été effacées de l’histoire, il y a aujourd’hui des hommes et des femmes passionnées qui tentent de réhabiliter son oeuvre et de lui redonner toute la place qu’elle mérite. Aller voir ce documentaire dès la réouverture des cinémas serait alors un beau cadeau pour cette figure du 7ème art. 

Be natural, l’histoire cachée d’Alice Guy-Blaché, de Pamela B. Green, en salles 

 

Le plus sombre: Canción sin nombre

Le pitch: Pérou, 1988. Georgina (Pamela Mendoza), femme précaire et enceinte, accouche de son premier enfant dans une clinique qui lui propose des soins gratuits. Tout juste après avoir donné naissance à sa fille, Georgina est séparée d’elle et réalise qu’on la lui a enlevée. Pour la retrouver, elle se rend dans les bureaux d’un journal et collabore avec Pedro Campos (Tommy Párraga). Ce dernier commence à enquêter sur ce fait loin d’être isolé.   

Pourquoi on le regarde: inspiré d’une histoire vraie, Canción sin nombre est un film sombre et dur qui raconte la quête d’une femme dont l’enfant a été enlevé. Le film, en noir et blanc et en format 4:3, peint en fait tout un système politique défaillant et un pays en proie à un conflit armé. L’histoire singulière de Georgina illustre alors un fait sombre de l’histoire du Pérou et fait la lumière sur un trafic d’enfants international, révélé dans la presse locale. L’un des journalistes ayant couvert l’affaire, Ismael León, n’était autre que le père de la réalisatrice de Canción sin nombre, Melina León. 

Canción sin nombre, de Melina León, en salles

 

Le plus violent: Filles de joie

Le pitch: à première vue, Axelle, Conso et Dominique n’ont rien en commun. Pourtant, toutes les trois se retrouvent tous les jours dans une même voiture pour se rendre, ensemble, de l’autre côté de la frontière belge. Elles changent alors d’identité, portent les noms d’Athéna, Circé et Héra, et enchaînent les clients dans une maison close. 

Pourquoi on le regarde: ne vous fiez pas à l’affiche qui donne au film des allures de comédie potache. Filles de joie dresse le portrait de trois femmes précaires (Sara Forestier, Annabelle Lengronne et Noémie Lvovsky) dont le quotidien n’a rien d’une plaisanterie. Agressions physiques et verbales, harcèlement, viol conjugal, racisme… Le film n’épargne rien et porte à l’écran les traumas de ces femmes qui, pour s’en sortir, devront choisir le camp de la solidarité. 

Filles de Joie, d’Anne Paulicevich et Frédéric Fonteyne, en salles 

 

Le plus pédagogique: Mon nom est clitoris

Le pitch: le clitoris, organe féminin du plaisir par excellence, reste encore largement inconnu par les hommes comme par les femmes. Le documentaire français Mon nom est clitoris donne la parole à des personnes qui en ont un et ouvre la discussion sur de nombreux sujets qui le touchent de près ou d’un peu plus loin: masturbation, première fois, anatomie, pornographie, virginité… L’occasion de briser des tabous mais aussi de faire de la pédagogie sur un sujet considéré comme le “continent noir” de la sexualité.

Pourquoi on le regarde: témoignages, pédagogie, humour et confession, ce documentaire traite avec sérieux mais simplicité des sujets essentiels pour comprendre la complexité des sujets de société comme de la sexualité. Un film d’utilité publique.

Mon nom est clitoris, de de Daphné Leblond et Lisa Billuart Monet, en salles 

 

Le plus grand public: La Voix du succès

Le pitch: Maggie Sherwoode (Dakota Johnson) est l’assistante de Grace Davis (Tracee Ellis Ross), une star de la musique qui n’a pas sorti de chansons originales depuis dix ans. Aspirante productrice, Maggie veut aider Grace à sortir de son carcan. Mais comment s’imposer dans un monde dominé par les hommes et où personne ne vous attend? Comment exister en tant que star face à des médias qui vous annoncent périmée une fois la quarantaine passée? Pour Maggie comme pour Grace, les réponses vont se trouver dans la solidarité. 

Pourquoi on le regarde: La Voix du succès réunit tous les ingrédients d’une bonne comédie américaine. Un casting qui fonctionne bien, des dialogues qui vous arrachent rires et larmes, une poignée de morceaux originaux et une romance pour relever le tout. Ajouté à cela, beaucoup de second degré et des critiques sur le sexisme de l’industrie musicale et des médias. Reste une intrigue un poil attendue mais bien menée. Tout ce qu’on demande pour recommencer, en douceur, à sociabiliser dans son cinéma préféré. 

La Voix du succès, de Nisha Ganatra, en salles le 14 juillet

Arièle Bonte 


NE MANQUEZ JAMAIS UN ARTICLE