y comme romy

Article réalisé en partenariat avec John Frieda

Le bad hair day

© Louison pour Cheek Magazine


Un vendredi par mois, retrouvez les aventures de Romy Idol. Mecs, boulot, famille, quotidien: Romy, c’est nous en pire.

Je ne sais pas comment vous vous entendez avec vos cheveux, mais moi, avec les années, j’ai développé un rapport amour/haine complètement névrotique à mes tifs, qui me pourrit la vie à chaque moment important où je dois envisager d’en faire quelque chose de soigné, comme un exam, un entretien d’embauche ou un mariage. Cette semaine, c’est un rencard amoureux qui a réveillé toutes mes angoisses capillaires. Passées les sept secondes de joie que m’a procurées le texto de Jérôme m’invitant à boire un verre, j’ai zappé directement à l’étape mentale “Comment je vais me coiffer?”, nettement moins réjouissante. Non que je sois une control freak superficielle obsédée par mon look, mais l’expérience m’a appris que des cheveux hors de contrôle pouvaient ruiner n’importe quel rendez-vous.

En théorie, ma chevelure est censée être sans histoire. Les professionnels me disent toujours que j’ai la couleur et la texture parfaites pour laisser leur créativité s’exprimer. Je suis lucide sur ce que jargon signifie: mes cheveux ne sont ni fins, ni épais, ni raides, ni bouclés, ni courts, ni longs, ils sont chiants.

J’ai tout essayé, de la mèche rouge à la Hartley cœurs à vif au noir corbeau de Christina Ricci en passant par un balayage digne de Shakira.

Quant à la couleur, je ne fais pas non plus dans l’originalité puisque je suis châtain. Il y a bien eu un coiffeur un jour qui trouvait que j’avais des reflets marron glacé, mais je sais parfaitement que mes cheveux ne sont ni shining caramel ni glowing espresso, ils sont châtain chiant. En clair mes cheveux sont des nobodes qui se feraient systématiquement refouler de la boîte de nuit des cheveux si elle existait.

Évidemment, j’ai commencé par me rebeller contre cette évidence à l’adolescence. J’ai tout essayé, de la mèche rouge à la Hartley cœurs à vif au noir corbeau de Christina Ricci en passant par un balayage digne de Shakira, où l’obscurité de la racine est inversement proportionnelle à la blondeur des pointes. J’ai tenté la coupe courte, la crinière extra-longue, le carré sage, et même les tresses africaines. Là, j’ai compris pourquoi cette coiffure était réservée aux cheveux afro, tellement j’avais l’air ridicule avec mes trois poils sur le caillou.

Et puis, la maturité aidant, j’ai fini par accepter ma chevelure telle qu’elle était, et j’ai désormais opté pour le shampoing Sheer Blonde De John Frieda, histoire de maintenir l’illusion que je suis naturellement blonde foncée, et pas châtain chiant. Depuis que j’ai pris cette décision, je remercie John tous les jours de m’avoir permis de passer à autre chose chez mon psy et de me concentrer sur des questions de fond comme “qu’est-ce que je vais faire de ma vie?”.

C’est là que je découvre, atterrée, que mes cheveux sont aujourd’hui d’une humeur Santa Barbara.

Le problème, c’est que, mes cheveux n’assumant pas leur statut de boloss, ils ont décidé d’avoir de la personnalité en ne me permettant jamais d’anticiper à quoi ils vont ressembler au fil d’une journée. C’est comme ça que je me suis retrouvée avec une dégaine à la Dalida pour mon premier jour de taf. A l’inverse, j’ai dû assumer une tignasse aussi plate qu’un discours de Nadine Morano au mariage de ma cousine, qui a bien sûr été immortalisé à l’infini, photoshopé et instagramé.

Ayant intégré que je ne peux rien anticiper, je décide donc de mettre toutes les chances de mon côté pour mon rencard avec Jérôme. J’ai envie d’essayer la demi-queue/tresse que ma collègue Maeva appelle “couronne nattée” et se fait en trois minutes dans les toilettes. Ça a l’air simple quand je la regarde, je lance quand même un tuto pour être sûre d’y arriver. Une demi-heure plus tard, je ressemble davantage à Laura Ingalls qui se serait battue dans une étable qu’à Blake Lively sur red carpet. Heureusement, j’ai de la marge avant l’heure du rencard et j’ai largement le temps de me faire un brushing pour rattraper le coup. C’est là que je découvre, atterrée, que mes cheveux sont aujourd’hui d’une humeur Santa Barbara et qu’il n’y a pas grand-chose à en attendre.

L’heure tourne et il ne me reste plus cinquante options pour avoir l’air présentable : je tente la tactique désespérée de l’humidification légère dont j’espère secrètement qu’elle va effacer simultanément les ravages de la tresse et ceux du brushing. Elle n’a malheureusement pas d’autre effet que de me faire ressembler à José dans Hélène et les garçons. J’ai envie de pleurer et de tout annuler, mais un texto de Jérôme me prévenant qu’il a 5 minutes de retard me rappelle que je suis censée le retrouver dans exactement 20 minutes.

De Dalida, je suis maintenant passée à Bonnie Tyler qui aurait fusionné avec Michael Jackson période Bad.

J’attrape mon sac et mes clés et descends en catastrophe de chez moi, en me peignant frénétiquement les cheveux avec les doigts. Mon voisin dans le métro doit penser que je suis atteinte de TOC, mais tant pis, je suis prête à tout pour ne pas sacrifier une potentielle histoire sur l’autel capillaire. Je suis à deux doigts d’abdiquer et de sortir de ma poche l’accessoire signifiant ma capitulation, à savoir l’élastique. Généralement, quand une fille en vient à rassembler rageusement -et anarchiquement- ses cheveux pour les attacher, c’est qu’elle reconnaît sa défaite face à sa tignasse.

Mais la pluie qui tombe à grosses gouttes quand je sors de la station m’interrompt dans cette quête. J’ai évidemment oublié de prendre un parapluie, et de Dalida, je suis maintenant passée à Bonnie Tyler qui aurait fusionné avec Michael Jackson période Bad. J’ai à peine le temps d’apercevoir mon reflet dans la vitre du café, que Jérôme me tape sur l’épaule. Paniquée, je m’apprête à m’excuser pour ce fiasco et à lui proposer de reporter notre soirée à dans sept ans. Et puis le miracle se produit, et sortent de sa bouche ces mots que je n’aurais jamais pensé entendre à mon sujet: “Dis-donc, j’avais pas remarqué que t’avais les cheveux bouclés… j’adore, ça te rend hyper sexy!

Romy Idol

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