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Victime de cyberharcèlement, Caroline De Haas quitte les réseaux sociaux

© Elliot Lepers


Je suis fatiguée de ces espaces sur lesquels des agresseurs, par milliers, me harcèlent et m’insultent en toute impunité.” Dans un billet publié ce lundi 26 février sur le site de Mediapart et intitulé J’arrête, la militante féministe Caroline De Haas annonce quitter les réseaux sociaux après y avoir été victime de cyberharcèlement. Les insultes et menaces ont en premier lieu été provoquées après une interview réalisée par L’Obs et titrée à partir de la citation: “Un homme sur deux ou trois est agresseur”. La trentenaire, fondatrice du groupe Egae et d’Osez le féminisme! se défend d’avoir avancé de tels chiffres et affirme avoir déclaré au journaliste du magazine: “Si une femme sur deux est victime, combien d’agresseurs nous entourent? Est-ce un homme sur deux? Un homme sur trois? Je n’en sais rien. Je sais juste que c’est beaucoup.” Et de poursuivre: “Au fond de moi, je ne peux m’empêcher de penser qu’un journal qui choisit de titrer ces propos le fait délibérément. Pour faire le buzz. Sans se soucier qu’au passage, on casse, on brise.” Dès la mise en ligne de l’article, les premiers tweets tombent:

 

Deuxième acte: Marlène Schiappa invitée sur BFMTV dimanche 18 janvier revient sur les propos de Caroline De Haas et déclare : “D’aucune manière ça ne peut être un homme sur deux (…)C’est inopérant et contre-productif de jeter comme ça des chiffres”. La principale intéressée regrette dans le texte disponible sur Mediapart le parti pris de la secrétaire d’état chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes:  “Elle n’a pas choisi d’expliquer  que je n’avais pas tenu ces propos, elle n’a pas fait état du fait que depuis quelques jours, j’étais la victime d’injures sexistes et de harcèlement. Non. Elle a enfoncé le clou. Et moi avec.”

Le 19 février, une enquête réalisée par Libération marque le dernier volet de cette affaire. Le quotidien révèle les témoignages de femmes agressées sexuellement au sein de l’Unef. Au moment des faits révélés dans l’article, Caroline De Haas est secrétaire générale du syndicat étudiant. Certains de ses détracteurs profitent de l’occasion pour établir un parallèle et l’accuser de complicité.

 

 

Celle qui nous détaillait déjà en début d’année ses stratégies pour se protéger face aux violences qu’elle subit régulièrement en ligne termine son billet en invitant à rejoindre le Groupe F, un groupe d’actions contre les violences sexistes et sexuelles qu’elle a cofondé. Et de conclure avec un message très positif: “La bonne nouvelle? C’est qu’on peut changer le monde sans être sur les réseaux sociaux. (…) Ce week-end, pendant que les trolls continuaient à insulter, harceler, menacer, nous étions 70 femmes et hommes, rassemblé·e·s pour nous former à détecter les violences, à les faire cesser et à accueillir les victimes (…) Je le dis donc aux agresseurs et à leurs alliés avec beaucoup de sérénité, de détermination et d’enthousiasme: votre temps est bientôt révolu.”

Margot Cherrid


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