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société

A start-up is born / Copélican

Avec Copelican, elles font voyager nos objets dans les valises des autres

Saliha Chekroun et Maâde Guettouche © Copélican


Maâde Guettouche et Saliha Chekroun ont remporté au printemps la Start-Upper Academy, avec à la clé 10 000€ et une place à la Station F, incubateur de Xavier Niel. Interview express.

Cette année, leur plateforme a été sacrée meilleure start-up du 93 par la Start-upper Academy, un nouveau concours de start-ups francilien, dont la première édition s’est déroulée en Seine-Saint-Denis. Lancée en novembre 2016 par Maâde Guettouche et Saliha Chekroun, respectivement diplomées d’HEC et de l’ENSIIE, Copelican est une plateforme qui permet de mettre en relation des personnes souhaitant envoyer un objet avec d’autres personnes sur le point de voyager. Les deux jeunes femmes se sont rencontrées il y a plusieurs années sur les bancs de la prépa, et ont décidé de se lancer ensemble dans l’entrepreneuriat l’année dernière, à tout juste 23 ans. 

C’est pendant leur scolarité qu’elles se rendent compte des difficultés à envoyer des objets à leurs proches. Saliha Chekroun est installée à Londres, d’où elle voyage notamment vers la Silicon Valley; Maâde Guettouche vit à Singapour puis au Cambodge, et elles mettent parfois des mois à transmettre un objet à leur famille ou leurs amis, finissant parfois par se résigner et attendre de faire le voyage elles-mêmes. Maâde Guettouche se rappelle d’ailleurs de sa propre -mauvaise- expérience lorsqu’elle est revenue de Singapour: “J’avais beaucoup trop d’affaires, des souvenirs, des cadeaux, des choses fragiles et ma raquette de tennis. Tout ramener dans mes bagages me faisait un supplément beaucoup trop cher.” Faisant le constat de cette faille que les expatriés connaissent bien, elles réfléchissent à une solution rentable et collaborative pour répondre à ce besoin. Partant du postulat que chaque jour, des milliers de personnes se déplacent, prennent l’avion, le train, la voiture, elles veulent proposer à ces voyageurs d’être indemnisés quand ils emportent avec eux l’objet d’une personne qui a besoin de l’envoyer. Tout le monde y trouve son compte, expéditeur comme voyageur, et le concept est simple puisqu’il repose sur un système d’annonces sur le site. 

Copelican, c’est de l’économie collaborative entre particuliers.

C’est en présentant cette idée, une guitare à la main -l’un des objets le plus souvent expédié-, que les deux jeunes femmes ont participé, il y a quelques mois, au concours Start-upper Academy créé par Mohamed Ghilli, et ce, malgré leur candidature de dernière minute. “On y est allées au feeling, c’est un ami qui nous a envoyé un article du Parisien en nous disant que ça pouvait être pas mal pour nous. On a envoyé le dossier à la dernière minute, se souvient Maâde Guettouche. Recontactées très vite, elles ont ensuite été suivies par l’accélérateur The Family ainsi que par un metteur en scène pendant deux semaines afin de préparer leur pitch. Ce qui leur a permis de se préparer au mieux afin de faire face à une concurrence de taille: “C’était la première saison, on ne savait pas trop à quoi s’attendre. En face, il y avait de très beaux projets avec de belles équipes, on ne s’attendait pas du tout à gagner.” Cette victoire inattendue s’est traduite par un chèque de 10 000 euros et une incubation à la flambant neuve Station F fondée par  Xavier Niel. “Cela nous a permis de commencer à recruter et de payer tous les premiers frais, explique Maâde Guettouche.

La plateforme existe depuis moins d’un an et connaît déjà un succès remarquable, avec un nombre d’utilisateurs qui ne cesse de croître. Le service, jusqu’alors circonscrit à la France, est désormais disponible dans plusieurs grandes villes limitrophes telles que Londres, Bruxelles, Luxembourg ou encore Genève. Et les créatrices de Copelican comptent bien l’étendre au maximum dans les années à venir. Maâde Guettouche nous en dit un peu plus sur cette entreprise prometteuse.

 

C’est quoi, Copelican?

C’est une solution qui permet d’envoyer tout type d’objets en passant par un voyageur. Il suffit  simplement de poster une annonce sur le site: nous trouvons ensuite exactement le voyageur qu’il faut. On utilise beaucoup la big data, qui nous permet de faire des matchings entre l’expéditeur et le voyageur. Il faut savoir que c’est la personne qui veut envoyer un objet qui propose le prix, il n’y a pas d’enchères, ni de négociations. En face, ce sont des personnes qui voyagent et qui, du coup, profitent de ce trajet pour rendre service et rentabiliser leur voyage. C’est ce que l’on appelle de l’économie collaborative entre particuliers, -car nous n’acceptons que les particuliers.

Le jour où vous vous êtes lancée?

Avec Saliha, on a fait un Startup Weekend à Paris,  pendant lequel on n’a fait que travailler sur notre projet. On a bossé sur plusieurs aspects différents tels que le business model, le prototype ou la stratégie. On a passé 48 heures à tester notre solution sans dormir et on en est ressorties avec une production quasi-fonctionnelle. 

Le conseil que tu donnerais à quelqu’un qui veut lancer sa boîte? 

Foncer, tester, toujours poser des questions, toujours vouloir se remettre en question et ne jamais hésiter à demander conseil. Il ne faut surtout pas avoir peur de tester parce qu’il n’y a pas de vérité théorique. Sans oublier d’aller à la rencontre de ses utilisateurs.

Vous vous voyez où dans 3 ans?

En plein envol j’espère, on aimerait pouvoir dépasser les frontière de l’Europe, se développer  à l’international et pouvoir réunir des milliers d’utilisateurs.

Propos recueillis par Samia Kidari


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