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A start-up is born / Endeer

Endeer, la start-up qui utilise l'impression 3D pour une lingerie personnalisée

Mathilde Alloin et Claire Chabaud, DR


Mathilde Alloin et Claire Chabaud ont lancé Endeer, une start-up utilisant l’impression 3D pour créer de la lingerie véritablement adaptée aux corps de celles qui la portent. 

Créer la lingerie de demain, voilà le défi que se sont lancé Claire Chabaud, 24 ans et tout juste diplômée de Siences Po, et Mathilde Alloin, 23 ans et ancienne étudiante de l’ESMOD, avec Endeer. La première a eu l’idée alors qu’elle voyageait en Chine: “Je suis allée faire du shopping, raconte-t-elle, et j’ai réalisé qu’on y vendait exactement le même soutien-gorge que celui que je m’étais acheté deux semaines plus tôt, quand bien même les femmes chinoises n’ont absolument pas la même morphologie que les Françaises.

De cet épisode lui vient l’envie de produire une lingerie mieux adaptée aux corps des femmes qui la portent. D’un cours de marketing, celle d’utiliser l’impression 3D pour y parvenir: “Un prof nous avait expliqué que, pour révolutionner une industrie, il fallait aller s’inspirer du secteur totalement opposé. Je suis allée voir du côté de l’armement, et j’ai réalisé qu’on y utilisait l’impression 3D pour parvenir à une production de ‘mass customisation’, c’est-à-dire de produits fabriqués en grande quantité mais adaptés à chacun de leurs utilisateurs”, explique encore la jeune femme.

On veut créer des pièces de lingerie qui partent de la femme qui les porte et non des standards de beauté qu’on croit utile de lui imposer.

De son côté, Mathilde Alloin dessine une collection de lingerie remarquée alors qu’elle termine son école. Des proches de Claire Chabaud lui parlent de cette dernière, suggérant une éventuelle collaboration, mais c’est finalement Mathilde Alloin elle-même qui contacte l’étudiante en sciences politiques au deuxième semestre 2016. Le courant passe, et le duo donne naissance à Endeer, qui lance sa première collection à la fin de l’année. 

C’est quoi Endeer?

Mathilde Alloin: C’est un moyen d’apporter du confort à la femme grâce à la lingerie et aux nouvelles technologies. Le numérique, les impressions 3D nous offrent de nouvelles possibilités, et on souhaite s’en servir pour créer des pièces de lingerie qui partent de la femme qui les porte et non des standards de beauté qu’on croit utile de lui imposer.

Le jour où vous vous êtes lancées?

Claire Chabaud: Début janvier, une fois qu’on a terminé nos études et nos stages de fin de cursus respectifs. L’an dernier, j’avais présenté une première version du projet aux bourses de la BpiFrance et de la French Tech. Mathilde l’a vu sur Facebook, m’a contactée, et on s’est très vite mises à bosser ensemble. Et donc officiellement, on a lancé Endeer au début de cette année.

Le conseil que vous donneriez à quelqu’un qui veut lancer sa boîte?

M.A.: Il faut bien s’entourer, avoir une vision, des valeurs, de l’organisation. Y croire, c’est super important parce que c’est forcément difficile au début, et puis se donner à fond. Ne pas se laisser décourager par les éventuels freins que l’on peut rencontrer.

C.C.: Oui, par exemple il ne faut pas se dire que l’argent est un problème. On n’ose pas se lancer faute de salaire, d’argent à investir dans le projet. Mais en réalité, même si tu n’es pas à plein temps, tu te débrouilles pour faire un premier jet, cela permet de convaincre, et l’argent finit par arriver. Et puis, la conviction dans le projet est super importante. Nous, par exemple, on ne se connaissait pas, et même si l’on vient de deux mondes opposés, on a réussi à se lancer car on partage les mêmes valeurs en terme de respect et de vision de la femme. Et puis, il faut faire attention à l’égo, dès lors que plusieurs personnes sont impliquées dans le développement du produit. Après tout, tu ne montes pas ta boîte pour toi, mais pour une mission précise. Et ce projet passe avant tout, avant les personnes qui composent l’équipe.

Vous vous voyez où dans 3 ans?

C.C.: On aura réussi à créer le soutien-gorge entièrement pensé a partir de la forme de la poitrine de la femme qui le portera. Le but ultime, c’est de proposer des soutiens-gorge seconde peau, sans armature, sans coque, et complètement sur mesure.

Propos recueillis par Mathilde Saliou


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