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Séries

6 séries Cheek à binger en attendant le printemps

Grown-ish © Freeform/Byron Cohen


Des rues de Chicago au New York des années 50, on a sélectionné six séries pour voyager en attendant le printemps.

The Chi

Le pitch: Le premier épisode met en scène deux meurtres qui se déroulent dans les rues de Chicago. La suite de la série montre les conséquences que ces deux drames vont avoir dans les vies d’une poignée de personnages, dont les destins vont se lier.

Pourquoi on regarde : La showrunneuse de The Chi n’est autre que Lena Waithe, actrice et scénariste de Master of None et première femme noire a avoir remporté un Emmy pour l’épisode Thanksgiving. Autant dire qu’on attendait cette nouvelle série avec impatience. Et The Chi ne déçoit pas. Dans la veine sombre de la cultissime The Wire, ce nouveau drama qui se déroule dans les rues de Chicago décortique non seulement les tensions sociales au cœur de la ville mais aussi des rapports complexes entre les personnages. On y retrouve des millennials en crise, entre l’ado qui a honte de jouer dans la comédie musicale organisée par son lycée, le jeune adulte qui vient de découvrir qu’il avait un enfant ou le cuisinier dans un resto hipster coincé entre le milieu social de sa mère et celui de sa femme. Le tout est rythmé par une BO parfaite. La série vient d’être renouvelée pour une saison 2, avec une autre femme à la barre (Ayanna Floyd Davis, scénariste pour Empire ou Hannibal). Dans tous les cas, le nouveau David Simon est une femme. Et c’est une bonne nouvelle.

Actuellement diffusée sur Showtime

 

The End of the F**ing World

Le pitch: James et Alyssa, deux adolescents britanniques, se rencontrent par hasard sur les bancs du lycée. Sans vraiment réfléchir aux conséquences de leur geste, ils décident de fuir leurs familles respectives et de se lancer dans une cavale qui va les entraîner dans des situations de plus en plus étranges et dramatiques.

Pourquoi on regarde: De prime abord, The End of the F**ing World a l’air d’une série qui manie l’humour noir typiquement british avec un peu trop de facilité. Mais au bout de deux ou trois épisodes, on se rend compte qu’elle raconte le parcours initiatique de deux adolescents avec beaucoup de sensibilité. James va découvrir qu’il n’est pas le psychopathe sans cœur qu’il pensait être et Alyssa va, au fur et à mesure, révéler ce qui se cache derrière le flot d’insultes qu’elle déblatère à chaque fois qu’elle ouvre la bouche. La manière dont ils font tomber les résistances de l’autre est très bien vue et donne lieu à une tendresse aussi belle qu’inattendue dans cet univers très noir. La double narration permet à chacun de trouver sa voix. À ranger quelque part entre La Balade sauvage de Terrence Malick, pour le côté road trip tragique, et l’excellente série Search Party pour le suspense qui vous tiendra en haleine bien après la fin du dernier épisode.

Disponible sur Netflix

 

The Marvelous Mrs Maisel

Le pitch: Mrs Maisel est une femme au foyer drôle, glamour, qui porte de belles robes et habite dans un appartement somptueux. Son univers privilégié s’écroule lorsque son mari la quitte pour sa secrétaire. Par un hasard alcoolisé, elle débarque sur la scène d’un club new-yorkais et découvre qu’elle fait rire l’audience. Sa carrière dans le stand-up est lancée.

Pourquoi on regarde : La série a été mise en ligne sur Amazon Prime Video en décembre mais elle a gagné en visibilité lors de la cérémonie des Golden Globes début janvier. En remportant le prix de la meilleure série comique, elle a damé le pion à Master of None ou SMILF. Même chose pour l’actrice Rachel Brosnahan (qui joue le personnage de Rachel Posner dans House of Cards) qui a doublé Alison Brie, Pamela Adlon, Frankie Shaw et Issa Rae en étant sacrée actrice comique de l’année. Imaginée par Amy Sherman-Palladino (que vous connaissez bien si vous avez bingé l’intégrale de Gilmore Girls sur Netflix), cette série feel good raconte avec légèreté le milieu du stand-up en intégrant à l’histoire fictionnelle de Miriam Maisel quelques situations réelles (la présence de Lenny Bruce, les arrestations dans les clubs…). Rappelant des ouvrages comme La Femme mystifiée de Betty Friedan (1963), qui a mis en lumière la détresse des femmes au foyer américaines, Amy Sherman-Palladino raconte en creux le sexisme des années 50. Du personnage du père, qui ne pense pas que sa fille puisse s’en sortir sans mari, à celui de Miriam elle-même, qui attend que son époux soit couché pour aller se démaquiller, la série dresse un portrait au vitriol de l’époque. La parole va permettre à Miriam de faire éclater le carcan dans lequel elle est coincée et les scènes où elle monte sur scène sont assez jouissives.

Disponible sur Amazon Prime Video

 

Good Girls

Le pitch: Trois mères de famille américaines fauchées décident de changer leur destin et de régler leurs problèmes en braquant un supermarché. Elles ont toutes besoin d’argent pour des raisons différentes: des soins coûteux, un mari flambeur ou encore une bataille pour obtenir la garde d’un enfant.

Pourquoi on regarde: Pour le casting, sans hésiter. Le trio d’actrices de ces good girls devenues bad est plus que prometteur. On y retrouve trois reines des séries américaines: Christina Hendricks, connue pour son rôle dans Mad Men, Retta Sirleaf, l’inoubliable Donna de Parks and Recreation, et Mae Whitman qui a notamment joué dans Arrested Development et Parenthood. Cette nouvelle série est vendue par NBC comme une rencontre entre Thelma & Louise et Breaking Bad. On a plutôt hâte de voir ce que ça peut donner.

Diffusé sur NBC à partir du 26 février

 

Irresponsable, saison 2

De quoi ça parle: Julien est un trentenaire un peu paumé qui vit toujours chez sa mère. Dans la saison 1 d’Irresponsable, Marie, son amour de jeunesse, lui a appris qu’il avait un fils de 15 ans. Il a pris un job de pion à mi-temps pour se faire un peu d’argent. Dans la saison 2, Julien doit accepter l’histoire d’amour entre sa mère et son psychiatre, qui va tous les forcer à déménager. Et qui va peut-être enfin le forcer à se remettre en question.

Pourquoi on regarde: Il se passe quelque chose dans le paysage des séries françaises comiques en ce moment. À l’instar de Loulou, la websérie d’Arte, Irresponsable saisit à merveille la crise d’une génération qui repousse toujours plus loin le moment de prendre des décisions. Frédéric Rosset et Camille Rosset (passés tous les deux par la filière série de la Fémis) font des merveilles au scénario et réussissent à faire rire de tous leurs personnages, n’épargnant aucune génération, du psy un peu beauf aux trentenaires paumés en passant par les ados de 15 ans qui ont la pression pour leur première fois. Les punchlines, parfaitement dosées dans chaque épisode, sont irrésistibles (“Pourquoi t’es devenu flic, t’as perdu un pari ou quoi?”). La relève de la comédie française, qui soigne ses personnages féminins et masculins et analyse finement l’époque, est plus qu’enthousiasmante.

Diffusé sur OCS Max à partir du 22 février

 

Grown-ish

Le pitch: Grown-ish est un spin-off de la série Black-ish, diffusée depuis 2014 sur ABC. Elle suit les aventures de l’aînée de la famille Johnson, Zoey (interprétée, comme dans la série d’origine, par Yara Shahidi), partie faire ses études à l’université.

Pourquoi on regarde: La thématique de Grown-ish est l’un des sous-genres les plus populaires de la comédie américaine, le “college TV show” (ou “college movie” sur grand écran). De Undeclared à Community, le sujet a été largement traité, parfois avec brio. Grown-ish ne révolutionne rien sur ce plan. On y parle de couper le cordon, des coups de fil aux parents, de l’impression de devenir une nouvelle personne, des nouveaux groupes d’amis, de fête. Si on regarde Grown-ish c’est surtout pour la formidable Yara Shahidi, son timing comique parfait, et pour le bonheur de voir une jeune femme noire raconter son expérience et tenir le premier rôle à la télévision américaine.

Actuellement diffusée sur Freeform

Pauline Le Gall 


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