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Cinéma

3 raisons de (re)voir “L'Une chante, l'autre pas”, le film féministe d'Agnès Varda

Capture d'écran, DR


Mercredi 4 juillet, le film féministe d’Agnès Varda L’Une chante, l’autre pas (1977), ressort en version restaurée. 3 raisons de le (re)découvrir. 

L’Une chante, l’autre pas, grand film féministe d’Agnès Varda sorti en 1977, raconte une amitié féminine sur fond de légalisation de l’avortement. Suzanne Galibier et Pauline “Pomme” Armontel se lient alors que la seconde décide d’aider la première à avorter illégalement. Suzanne, déjà mère de deux enfants, et Pomme, chanteuse et musicienne qui parcourt la France avec son groupe de femmes, ont des vies radicalement différentes. Mais, malgré leurs antagonismes sociaux et la distance géographique qui les sépare à plusieurs moments de leur vie, elle entretiendront l’une pour l’autre une amitié indéfectible, comme scellée par cet événement. Dans L’Une chante, l’autre pas, c’est la sororité qu’a voulu célébrer Agnès Varda, et la capacité des femmes à s’unir pour changer ensemble le cours de leur destin. 3 raisons de découvrir ce film ou de le revoir. 

 

 

C’est le meilleur hommage qui soit à Simone Veil

La ressortie de L’Une chante, l’autre pas quelques jours après l’entrée au Panthéon de Simone Veil ne doit sans doute rien au hasard. Omniprésente, la lutte pour le droit à l’avortement parcourt le récit d’Agnès Varda, qu’elle s’immisce dans la vie privée de ses personnages ou s’affiche en place publique. Une séquence du film met d’ailleurs en scène la foule devant le tribunal de Bobigny en 1972, lors du procès de Marie-Claire Chevalier, jeune femme de 16 ans ayant avorté illégalement à la suite d’un viol. Et c’est Gisèle Halimi, célèbre avocate qui l’a défendue, qui y incarne son propre rôle.

 

L'une chante l'autre pas capture d'écran DR

Capture d’écran, DR

 

C’est l’occasion de comprendre d’où vient (sans doute) l’esthétique du groupe Brigitte

L’Une chante, l’autre pas est traversé par des séquences musicales purement 70′s, où les femmes, guitares acoustiques en mains et longues robes à fleurs sur le dos, entonnent des refrains militants. A plusieurs reprises, on se croirait dans un clip de Brigitte, dont l’esthétique semble tout droit sortie du film d’Agnès Varda. Même si le registre musical est beaucoup plus engagé ici -les morceaux parlent du droit à disposer de son corps ou citent Engels et son “Dans la famille l’homme est le bourgeois et la femme, le prolétariat”-, on ne peut s’empêcher de penser au groupe d’Aurélie Saada et Sylvie Hoarau. 

“Pour les filles qui ne font pas d’études, il n’y a que le mariage ou la prostitution.”

 

C’est une mine de répliques cultes et féministes

Comme beaucoup de films d’Agnès Varda, L’Une chante, l’autre pas est très bavard. Alors que les voix-off portent toute la poésie dont est capable la réalisatrice, les dialogues montrent aussi son sens inouï de la repartie. Des sorties comme “Oui, je sais cuisiner, mais je sais aussi chanter et c’est ce que j’ai envie de faire”, qu’assène Pomme à son petit ami, ou “Pour les filles qui ne font pas d’études, il n’y a que le mariage ou la prostitution”, balancé par le père de Pomme et auquel elle répond “C’est un peu pareil, hein”, le film est truffé de punchlines bien senties, qui lui confèrent un côté badass même pas trop daté aujourd’hui. 

Faustine Kopiejwski 


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